
Quel drôle d'hiver.
Plus qu'évoquer les états d'âmes d'un monde plus vieux et faire le bilan des meilleurs livres de l'année écoulée pourquoi ne pas parler de la météo variable et de quelques ouvrages achetés un peu par hasard durant cette saison.
Sophie Tel Men - Les coeurs silencieux -
J'en reste sans voie.
Eliot Ruffel - Aprés ça -
La déshérence de jeunes adultes dans une ville balnéaire du nord de la France. On s’y ennuie aussi.
Thomas B Reverdy - Le grand secours -
L'auteur a bien besoin du notre !
Jon Fosse - L'autre nom -
Non.
Loren Groff - Floride - (Nouvelles)
Je n’ai pas été emballé par la plume de cette autrice (problème de traduction ?). La déception est d’autant plus forte que l’on dit et écrit beaucoup de bien de cette écrivaine ( Son travail a été présenté dans The New Yorker, The Atlantic et Harper's, ) … Les nouvelles se déroulent en Floride où vit l’autrice, elles sont inégales et certaines m’ont même semblé plates. Je réserve mon impression dans l’immédiat, attendant de lire un autre de ses ouvrages…
Seth Greenland - un bouddhiste en colère
On a parfois, en le lisant Greenland, l'impression d'entendre la voie d'un commentateur de journal télévisé américain qui devrait meubler l'antenne durant la campagne électoral en attendant le résultat définitif du scrutin.

Gerard de Cortanze
Était-il indispensable pour l'auteur de commettre un second livre sur Hemingway. Ce livre fort documenté et romancé suit la trace d’un vieil homme et de la maladie. Il y va de la vie comme pour certains livres : des fins laborieuses. Hemigway au moins est parti avec panache.

Camille de Peretti
J’ai longtemps tardé à lire ce bouquin, faire le récit et reconstituer l’histoire d'une silhouette inconnue, et là en l'occurence celle d’un portrait de Gustav Klimt, l'affaire n’est pas chose aisée et avait donc de quoi attirer mon attention. Camille de Peretti oublie l’artiste au profit de la romance. Pearl, son personnage principal déclare : « Peut-être que les gens qui expliquent les tableaux essaient toujours de s’expliquer eux-mêmes ? »

Alice Zeniter - Frapper l'épopée
Alice Zeniter brode ici une histoire autour du « fait colonial ». Que l’on aime ou pas son récit, on doit reconnaître que la forme roman est souvent la meilleure occasion de parfaire ses connaissances en histoire et géo (graphie et politique). Ici, celle de la Nouvelle-Calédonie. Et peut-être que ce récit contemporain donnera envie de lire Déwé Gorodey (citée dans les remerciements).
Toujours est-il que par deux fois l’auteure y évoque le Bulbul à ventre rouge, une espèce d'oiseau originaire d'Asie du Sud-est, introduit en Nouvelle-Calédonie en tant qu'oiseau de volière et qui progressivement occupe de manière invasive l’archipel. Cette jolie parabole résumerait à elle seule le machin …
(Le caillou comme on appel la nouvelle Calédonie fut un bagne - où fut déportée Louise Michel - et le pays reste occupé et secoué par des troubles terribles : des évènements d’Ouvéa en 1988 jusqu’aux récentes émeutes).

*- Le fantôme de la banquette arrière - (nouvelles)
L’Irlande du nord est grise et pluvieuse comme les nouvelles de cette écrivaine. La plume de Carson est sans filtres et ses personnages semble amputés de toute trace d’empathie. Reste au fil de ces nouvelles une peinture cruelle d’une Irlande du Nord où, comme dans les banlieues blafardes de l‘empire, traîne des survivants sans espoir. Aussi drôle et terrifiant qu’un discourt de Boris Johson.

*** Artur Nersesian - Dogrun -
Nersesian continue son récit de Big Apple, et des générations qui s’y succèdent… Peinture réaliste et réussie. J’ai failli lâcher son bouquin avant de comprendre que l’histoire totalement décalée de cette fille, une trentenaire qui ballade le chien et les cendres de son ex copain dans New York n’est qu’un prétexte pour nous entraîner dans une visite d’un quartier ou l’on croise et re croise des personnages qui finalement deviennent les éléments de la ville. NY faite de ses émotions, ses loosers sans panache, artistes ratés et pitoyables, cette cité d’équivoques et d’amants qui se cherchent de bars en soirées comme on chercherait un sens à une vie qui n’en a jamais eu.
Le récit rebondit ainsi jusqu’à l’attachement à cette faune aussi désoeuvrée et larguées raconté avec la distance et l’humour qui s’impose. L’amour et l’abnégation de ce pauvre chien pour ses humains laissent à penser qu’il y a encore vraiment de quoi espérer dans la gent canine.